Un problème pour les parents de jeunes enfants

  
Quand ils ont des enfants, les hommes, comme les femmes, font état de difficultés d’organisation de leur vie familiale. C’est particulièrement net quand les enfants sont jeunes. Ainsi, la moitié des parents trouve difficile de tout concilier quand ils ont, dans leur foyer, des enfants de moins de 11 ans. Ce sentiment n’est partagé que par un tiers des parents sans jeunes enfants.

   Le fait que les femmes ne semblent pas mentionner plus de difficultés que les hommes est surprenant car ce sont elles qui assurent très majoritairement les tâches domestiques et familiales, en particulier les soins et l’éducation des enfants [1 ; 2]. Cela s’explique par le fait qu'un certain nombre de femmes s’est retiré du marché du travail et est devenu femmes au foyer, sans doute pour éviter d’être confrontées à ces difficultés de conciliation (encadré 2) [3]. De fait, si l'on raisonne « toutes choses égales par ailleurs » et que l'on gomme le fait que les hommes sont plus nombreux dans les catégories socioprofessionnelles déclarant le plus de difficultés, les femmes sont alors proportionnellement plus nombreuses que les hommes à juger difficile de concilier vie professionnelle et vie familiale.

   Bien évidemment, les parents de familles nombreuses déclarent plus de difficultés que les autres à concilier vie familiale et professionnelle. Hommes et femmes sont 45 % à trouver que c’est difficile quand ils ont trois enfants. Pour les hommes, c'est le cap du premier enfant qui est le plus difficile à passer.

   Bien évidemment, les parents de familles nombreuses déclarent plus de difficultés que les autres à concilier vie familiale et professionnelle. Hommes et femmes sont 45 % à trouver que c’est difficile quand ils ont trois enfants. Pour les hommes, c'est le cap du premier enfant qui est le plus difficile à passer.

   Les jeunes parents, de moins de 35 ans, et surtout de moins de 25 ans, sont ceux qui déclarent le plus de difficultés employées de commerce sont les plus touchées. Ce sont les personnes dont les revenus sont les plus élevés et qui ont fait les études les plus longues qui jugent que l’organisation de leur vie familiale est la plus complexe.

Les travailleurs indépendants, les plus concernés

Ce sont les travailleurs indépendants  qui déclarent le plus de difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale. Les artisans, les commerçants et les chefs d’entreprise sont près de deux tiers dans ce cas. Quant aux salariés, ceux du privé mentionnent plus de difficultés que ceux du public (graphique 1). Parmi les salariés, les femmes cadres et les

Les horaires atypiques, un obstacle à la vie familiale

Le fait que les indépendants, les cadres et les employées de commerce soient parmi les plus nombreux à faire état de problèmes de conciliation, s'explique principalement par leurs horaires de travail « atypiques » : certains ont des horaires journaliers particulièrement longs, d’autres travaillent le samedi ou le dimanche, d'autres enfin travaillent de nuit ou effectuent de fréquents déplacements. Un certain nombre d'entre eux cumule plusieurs de ces contraintes, particulièrement les agriculteurs et, dans une moindre mesure, les artisans, les commerçants et les cadres. 

Plus les horaires sont atypiques, plus les actifs trouvent qu’il est difficile de concilier vie familiale et vie professionnelle.  Ceux qui déterminent eux-mêmes leurs horaires indiquent plus de difficultés que ceux dont les horaires sont imposés par l’entreprise, que ceux-ci soient alternants ou qu'ils ne soient pas les mêmes tous les jours. Mais ce sont les travailleurs de nuit qui font état le plus de difficultés pour organiser leur vie : 62 % de ceux qui travaillent de nuit au moins une fois par semaine déclarent que c'est difficile, voire très difficile. Ceux qui travaillent de nuit moins d'une fois par semaine sont 56 % à partager ce sentiment.

Les actifs se déplaçant au moins une fois par semaine estiment, à 43 %, cette conciliation difficile, alors qu’ils ne sont plus que 13,5 % lorsqu’ils se déplacent moins d’une fois par mois (tableau 6) Si, même en l’absence de jeunes enfants, plus de la moitié des hommes et des femmes perçoit ces conditions de travail comme peu compatibles avec leur vie familiale, la présence de jeunes enfants accroît les difficultés. Travailler de nuit, le dimanche et les jours fériés, effectuer des déplacements fréquents pour son travail est alors ressenti comme source de grandes difficultés, particulièrement pour les mères de famille.

Temps partiel « choisi », temps partiel « subi »

71 % des femmes et 46 % des hommes travaillant à temps partiel en CDI ont déclaré qu’ils ne souhaitaient pas travailler davantage. Pour eux, le temps partiel est souvent un temps partiel « choisi ». Ils évoquent principalement leur volonté de s’occuper de leurs enfants, particulièrement les 25-35 ans. Plus il y a d’enfants dans le foyer, moins les femmes souhaiteraient travailler à temps plein. Ces adeptes du temps partiel « choisi » font moins souvent état de difficultés pour organiser leur vie familiale que les salariés travaillant à temps partiel « subi » qui, eux, souhaiteraient travailler davantage.

En revanche, lorsque les salariés travaillent à temps partiel, mais ne l’ont pas choisi, ils souhaiteraient travailler davantage. Ils déclarent alors plus de difficultés que la moyenne des actifs pour tout concilier.

Quand le conjoint travaille

Les hommes déclarent plus de difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale quand leur femme travaille, surtout quand elle travaille à temps complet. Les femmes, en revanche, éprouvent davantage de difficultés lorsqu’elles ont des enfants et que leur conjoint est en CDI à temps partiel. Elles jugent que c’est plus facile lorsque leur conjoint est salarié du public, en particulier de l’État ou d’une collectivité locale. En revanche, lorsque leur conjoint est au chômage, elles déclarent davantage de difficultés de conciliation.

DEVENIR FEMME AU FOYER : UNE DECISION POUR CELLES QUI N'ARRIVENT PLUS А TOUT CONCILIER

« Trouvez vous que votre travail rend difficile l'organisation de votre vie de famille ? ». Les femmes au foyer n'ont, bien évidemment, pas eu à répondre à cette question. 80 % des femmes actuellement au foyer ont travaillé dans le passé. Trois quarts d'entre elles sont des anciennes employées ou des anciennes ouvrières. Ce sont donc majoritairement des femmes qui avaient des petits salaires et pour lesquelles l'arbitrage financier a certainement joué dans leur décision d'arrêter de travailler.

Interrogées sur les raisons pour lesquelles elles sont devenues femmes au foyer, elles déclarent majoritairement que c'est pour s'occuper de leur famille (86 %). Une raison surtout invoquée par les jeunes mères qui ont plusieurs enfants а charge, par les employées et par les ouvrières. Elles sont 14,5 % à déclarer que les motifs financiers prévalaient dans leur choix.

Elles mentionnent également la profession de leur conjoint (8,4 %) et la perte de leur emploi (7,6 %). Presque la moitié des femmes qui ont déjè travaillé déclare « regretter leur ancien travail ». Ce sentiment est exacerbé chez les mères de moins de 30 ans qui se sont toutes arrêtées pour s'occuper de leurs enfants : elles sont près de 70 % à souhaiter retravailler.

Celles qui regrettent sont les moins qualifiées (ouvrières, employées) ou qui ont arrêté pour des raisons financières.
Rien d'étonnant donc а ce que parmi les actifs, il n'y ait pas de différence marquée entre hommes et femmes : celles qui éprouvaient le plus de difficultés à tout concilier, en termes financiers notamment, se sont retirées du marché du travail.