Cette thèse en impose par la masse de travail qu'elle représente, mais plus encore par les questions qu'elle pose à l'histoire des femmes et par l'éclairage nouveau qu'elle apporte sur les milieux populaires.

La vie privée a reçu droit de cité en histoire grâce à la haute approbation de Philippe Ariès et de Georges Duby (ainsi que de leurs nombreux collaborateurs). Le concept de vie privée reste pourtant difficile à cerner. La première audace d'Anne Marie Sohn consiste à donner une définition simple : elle veut observer à la fois les gestes quotidiens et les relations intimes ; elle sait d'ailleurs fort bien montrer leurs étroites corrélations.

Une autre audace c'est de focaliser sur les milieux modestes. Certes l'exemple des sciences humaines - anthropologie et ethnologie surtout - a conduit les historiens vers la micro histoire, celle des petits faits et des petites gens. Mais où les trouver et comment les saisir ? Enfin pourquoi séparer les femmes ?

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