On connaît mal l'origine de ce problème. Néanmoins, il semble qu'une anomalie des trompes (congénitale ou séquelle d'une maladie ou d'une opération) empêche l'ovule de descendre dans l'utérus. On a mis également en évidence de nombreux facteurs de risque pouvant favoriser la survenue de ce problème : antécédents de maladies sexuellement transmissibles, tabagisme, exposition au distilbène de la mère de la femme, âge, port d'un stérilet, interruption volontaire de grossesse à répétition, antécédents chirurgicaux… A noter également, des antécédents de GEU sont un facteur de risque pour les futures grossesses.

Reconnaître les symptômes

Dans les faits, comment se traduit une grossesse extra-utérine ? Tout dépend de l'implantation de l'ovule fécondé. Généralement, il se place dans la trompe, et va donc provoquer au bout de trois à six semaines des douleurs pelviennes et des saignements bruns noirâtres. Mais ces facteurs peuvent avoir d'autres causes (voir à ce propos notre article sur les saignements lors de la grossesse). Seul le médecin pourra confirmer le diagnostic. Il pourra préciser les soupçons par un toucher vaginal et les confirmer avec une échographie et différents dosages de marqueurs sanguins. Un retard de règle, accompagné de douleurs et de saignements doivent vous inciter à consulter très rapidement.

Traiter de toute urgence

Il faut traiter de toute urgence une grossesse extra-utérine. En effet, si l'ovule continue de grossir dans la trompe, il risque de la faire éclater, provoquant une hémorragie "cataclysmique". Cela constitue une menace importante pour la femme. Il faut savoir que cette hémorragie peut se déclencher sans signe avant-coureur. Parfois, la trompe ne se fissure pas, mais entraîne une hémorragie lente accompagnée de douleurs.

C'est pourquoi, dès que le diagnostic de GEU est posé, l'hospitalisation doit être envisagée très rapidement. Généralement, le traitement sera chirurgical. En fonction de la gravité, le médecin pourra être amené à enlever tout ou partie de la trompe. Selon les cas, l'opération pourra intervenir sous coelioscopie, ce qui évite une cicatrice importante. Dans quelques cas, on peut utiliser un traitement médicamenteux particulier, le Methotrexate, souvent en application locale dans la trompe. Enfin, dans de rares GEU, une rémission spontanée apparaît.

Quelles conséquences pour l'avenir ?

Bien sûr, avoir vécu une GEU de nombreuses femmes s'inquiètent pour leur futures grossesses. Les études menées sur les conséquences d'un tel événement sont encore incomplètes. Néanmoins, selon le Collège National des Gynecologues-Obstetriciens Français, 60 % des femmes ayant été confrontées à ce problème sont de nouveau enceintes dans les deux ans qui suivent. Car ce type de grossesse, associé ou non à l'enlèvement de la trompe, n'est pas synonyme de stérilité. Si le recours à la procréation médicalement assistée s'avère parfois nécessaire, une grossesse est tout à fait possible. En prenant en compte bien sûr le risque de récidive (de l'ordre de 10 à 30 %).

Alain Sousa

Source: doctissimo.com